
Sculptures de Josette Coras. Cliché Alain Tournier. Exposition au logis abbatial (Conseil général du Jura)
Abbaye de Baume-les-Messieurs
L'abbaye de Baume-les-Messieurs est signalée dès 869. C'était à l'époque une "cellula", une dépendance monastique de l'abbaye féminine de Château-Chalon.
En 890, l'abbaye est confiée à l'abbé Bernon (abbé de Gigny). C'est lui qui, accompagné de six moines de Baume et six moines de Gigny-sur-Suran, fonda l'abbaye de Cluny.
L'essor de l'abbaye de Baume commence au XIe siècle, c’est alors l'un des principaux monastères du diocèse de Besançon.
Au XIIe siècle, l'abbaye prendra très momentanément le titre d' « abbaye impériale » par décision de l'empereur Frédéric Barberousse qui s’appuie sur elle dans son conflit contre la papauté. Ce titre ne sera pas renouvelé.
En 1147, Baume est soumise à l'autorité de Cluny. A la fin de XVIIIe siècle, l’abbaye est sécularisée. Les moines deviennent alors des chanoines. A la Révolution, ils quittent l'abbaye et une partie de celle-ci est vendue à des particuliers.
Cette abbaye bénédictine, qui participa à l’Ecclesia cluniacensis, offre aujourd'hui un ensemble architectural impressionnant, dont certains éléments sont typiques du premier art roman jurassien.
L'église abbatiale Saint-Pierre, dont les parties les plus anciennes datent du XIe siècle, est classée dans la liste des Monuments historiques depuis 1849. Elle est composée d'une nef de 71 mètres de long et de dix travées. Dans l'église, vous découvrirez un retable flamand du XVIe siècle, offert à l'abbé Guillaume de Poupet par la ville de Grand. Ce retable est d'une envergure de 5,60 mètres. Remarquablement peint et sculpté, il représente la vie du Christ de sa naissance à sa crucifixion.
L'église conserve aussi des sculptures funéraires des XIVe et XVe siècles, tels que le tombeau de Renaud de Bourgogne, comte de Montbéliard, et plusieurs dalles funéraires d’abbés et d' officiers de l’abbaye. Un ensemble de statues bourguignonnes, lesquelles font preuve d'une grande qualité d'exécution, y est également visible.
Visites guidées de l'abbaye du 15 mai au 30 septembre - de 10h à 12h et de 14h à 18h
Tarifs : adulte 4.50€ / enfant (6-12 ans) 2.50€ / Gratuit -6 ans / Groupe adultes 4€ / Groupe enfants 2€
Contact : 03 84 44 61 41 / baumelesmessieurs@wanadoo.fr / www.baumelesmessieurs.fr
L'abbaye peut également se visiter toute l'année sans guidage. Seules quelques pièces sont inaccessibles en-dehors de la visite guidée.
L'abbaye de Château-Chalon
Selon une gravure du XVIIIe siècle, le village était entouré de fortifications, ponctuées de deux tours (comme la tour « Charlemagne »), de grandes arcades et d'une porte d'entrée. On pouvait trouver à l'intérieur l'abbaye, comprenant le Froid Pignon, qui avait la fonction d'hôtellerie. On ne sait pas encore si, cette fortification féodale accueillait des religieuses dès sa construction.
Jusqu'à la révolution le village abrita une abbaye de bénédictines. Malgré sa destruction et de nombreuses incertitudes sur l'histoire de ce lieu, on suppose que la construction de l'abbaye, entre 662 et 673, est attribuée à Norbert de Bourgogne et sa femme Eusebia. Mais la première mention certaine de cette abbaye est faite en 869, dans un texte de Lothaire II qui concède à l'église de Besançon, l'abbatiola de Château-Chalon et la cellula de Baume-les-Messieurs. L'abbaye se sécularisa au XIIIe siècle et de ce fait transforma les bénédictines en chanoinesses. A la suite de ce changement, les chanoinesses abandonnèrent la vie collective au profit de petites maisons privatives, pour les personnes de haute importance. Les demeures du confesseur, de l'intendant et de la dernière abbesse, Madame de Stain, sont encore visibles.
La position surélevée de l'Abbaye (en effet, elle a été construite sur le promontoire du village) dénote une recherche de protection. Aussi, la tour « Charlemagne » construite au XIIIe siècle a été édifiée dans le même objectif de défense. On peut encore en voir les ruines aujourd'hui.
L'église paroissiale Saint-Pierre, couverte de laves (ou lauzes), se caractérise par l'alliance de l'art roman et du premier art gothique. Elle renferme de surprenantes peintures murales, un riche mobilier, ainsi que le « trésor » des abbesses. Ce dernier se compose de reliquaires, de pièces d'orfèvreries et de statues de l'ancienne église abbatiale.
De l'abbaye il ne reste aujourd'hui que des ruines et quelques bâtiments qui ont actuellement d'autres fonctions. L'ancienne abbaye de Château-Chalon ne se visite donc pas, mais rien qu'en flânant autour de ses vieilles pierres, vous serez plongé dans son mystère...